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Jeunesse Algérie

Apres une longue et totale immersion dans le milieu estudiantin algérien, je me suis adonnée à mes heures perdues, à une sorte de classification de cette frange très particulière de la société, tant les étudiants et l'université de manière générale sont le plus fiable des baromètres quant au devenir d'une nation.
Cette classification est dépourvue de toute approche scientifique ; certains la trouveront probablement stéréotypée et peut être même caricaturale, mais elle tend et c un point de vue personnelle à mettre en exergue au-delà de la diversité de « la jeunesse Algérie », la particularité de la faculté algerienne.

Il ya tout d'abord ces ménagères version « desperate House Wives » en beaucoup moins glamour, exubérantes et hystériques pour la plupart, confondant les lieux du savoir avec des hammams , elles portent en elles des préoccupations très existentielles à savoir les raisons de l'infidélité d'Alejandro dans le film mexicain diffusé sur l'Unique, ou encore comment vont-elles passer leur weekend entre ménage et cuisine. Mégères et ménagères ayant pour centre d'intérêt les autres, ce qu'ils pensent ce qu'ils font, ce qu'ils disent, ce qu'ils portent ......
Il ya les CHEBRANS (les branchés), tjrs en vogue, un look d'enfer étudié aux moindres détails, jusqu'au sac Dior ou VOUITTON, contrefait bien évidemment, avec en accompagnement un petit sachet en plastique de chez carrefour, en guise de cartables. Personne n'y échappe, pas même les garçons, les cheveux en pétard, le style beau de loin mais loin d'être beau dés qu'il ouvre la bouche.
Il y a la catégorie des clans ,Aarouchs, chaouis, mozabites, avec comme base le régionalisme à outrance, hermétique à toute culture, et appartenance étrangères à la leur.
Il ya aussi à mon sens la catégorie la plus représentative de la société algérienne, celle des docteurs en faux semblants, ces gens qui n'assument pas ce qu'ils sont , à mi chemin entre émancipation et un traditionalisme étouffant, versatiles et inconstants ;
Il y a ceux qu'on appelle « internes » (drôle d'appellation) , qui se mettent toujours au premier rang gardant probablement les vieux reflexes de maternelle, mais on doit bien leur reconnaître une qualité : l'opiniâtreté ; et cette rage viscérale de réussir coute que coute , engagés totalement avec ferveur dans tout ce qu'ils entreprennent.
Il ya ces effacés, plongés dans une léthargie profonde, qu'on regarde mais qu'on ne remarque pas ;
Il y a ces irréductibles utopistes comme moi, qui font et refont le monde entre 2 cours , ceux la qui rêvent de lendemains meilleurs pour eux et pour cette Algérie en qui ils croient malgré tout et tous.
Il y a ces 2 ou 3 personnes, qu'on rencontre tout au long de son parcours universitaire, des êtres d'exceptions avec qui vous tissez des attaches profondes, Premier amour, ou éternelle admiration, votre vie s'en trouvera bouleversée.
Ce qui manque à mon gout dans cette hétérogénéité, ce sont ces rebelles et subversifs, réfractaires à l'ordre établi, susceptibles de faire avancer les choses,
(comme ces étudiants français qui se sont soulevés massivement contre le projet de CPE , donnant lieu ainsi à une crise politique majeure, ce même projet qui a été instauré par notre ministre de la solidarité et de l'emploi sans créer le moindre remous parmi nos étudiants, premiers concernés) ;

Bien sur et dieu merci, il existe des gens normalement constitués loin de ces clichés réducteurs.

Malgré toutes ces différences de personnalité, tous ces profiles ont un point en commun, celui d'être étudiant et algérien, ou bien alors le contraire ; Les mêmes syndromes les guettent tous : apathie, antipathie , oisiveté, marasme, bref autant de qualificatifs qui ne présagent rien de bon ;
Le « Digoutage » prévaut largement en ces lieux « cognitifs », la logique des choses voudrait que l'étudiant soit l'exemple le plus représentatif du dynamisme et la motivation d'un pays à aller de l'avant, mais la faille est bien réelle.
Cette attitude généralisée cache une réalité bien triste, celle de la déroute d'un système éducatif, et par la même occasion celle d'une nation ;
L'université a failli à ses missions, les plus essentielles, à savoir former non pas seulement avec des diplômes les générations futures, mais cultiver le sens du civisme et de la citoyenneté qui font terriblement défaut ; bref en faire des individus conscients et consciencieux quant à leur rôle à tenir au sein de la société . C'est peut être la le point de rupture.
L'algérien vivote faute de moyens et d'intérêt, comment l'étudiant peut il échapper à cet état de fait ?
La crise que vit l'étudiant n'est qu'un aspect de cette « Anomie » qui ronge l'Algérie

# Posté le dimanche 10 juin 2007 09:06

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