Le silence imposant de la nuit m'angoisse et m'empêche de dormir.
La nuit ?
Asile des égarés, des parias, des solitaires de ces âmes errantes insouciantes et meurtries;
Je m'imprègne de son noir écarlate, Je me perds dans ses dédales incertains, je m'adonne à ses humeurs versatiles en me demandant si je n'y laisserai pas un peu du mien comme à chaque soir.
Mon âme glacé, ivre de jasmin, titube, puis finit par trébucher, elle a mal mais se relève majestueusement pour faire face au jour.
Il vente ce soir sur Alger comme pour la purifier de ses péchés, lui redonner un nouveau souffle ; une nouvelle virginité.
Je ne perçois même plus ses étoiles, elles s'éclipsent, puis luisent sporadiquement ; il faut être heureuse pour les voire, dommage le bonheur se laisse désirer ce soir.
Elle étreint vos songes, vos secrets , vos douleurs et vos imperfections, qu'elle garde jalousement dans un écrin scellé.
Elle vous laisse nu et désarmé face à vous même, mais son salut ne saurait tarder.
Elle est ingrate et ne peut rien pour vous, elle vous promet juste que demain, demain est un autre jour ;
Et puis surgit de nul part ces extraits rédempteurs d'une chanson chaabi,
MAHMA TAL EL LIL LA BOUD ESHEMS TECHREK
(qu'importe combien de temps la nuit durera , le soleil finira par se lever)